Trek du Huayhuash 10


On l’attendait depuis quelques jours, on avait fait quelques achats (des gants et des bonnets !!), profité de dernières randos pour bien s’acclimater… Et ça y est, nous voilà parti pour le trek du Huayhuash, pour 8 jours en pleine nature dans la cordillère du même nom, un peu plus au sud que la cordillère blanche !

8 jours ou les refuges seront environ à 4200m et des cols de 4800 à 5000 m à passer chaque jour. En moyenne 7h de marche par jour… de quoi avoir le temps de faire chauffer nos mollets, mais aussi et surtout de contempler la nature qui nous entoure, les merveilleux paysages que nous offre cette belle cordillère, tous aussi beaux que variés parait-il…

Nous ne faisons pas ce trek en autonomie, 8 jours c’est long quand même, et franchement, on ne se voyait pas porter notre matériel et la nourriture pour si longtemps… On a donc choisi un peu plus de confort, et ce seront donc les mules qui porteront nos sacs, ainsi que les tentes et la nourriture pour le groupe. Théo, notre « guide-cuisinier-muletier » nous accompagnera tout du long, s’ouvrant un peu plus chaque jour, nous racontant quelques anecdotes sur le trek, qu’il fait depuis 20 ans, mais aussi sur sa vie ou encore donnant quelques cours de Quechua !

Le groupe n’est pas trop grand, on est 8 : trois français (On est avec Olivier rencontré au nord du Pérou), une japonaise, une péruvienne, un israelien, un brésilien et un allemand… Belle brochette tour-du-mondiste ! Finalement, à trois français, on fait presque tâche !

Premier jour, on part de l’auberge le matin pour se rendre au premier campement. Pas de marche ce jour-là, on arrive en début d’apres-midi, le temps de monter les tentes, de faire connaissance avec le reste du groupe, de commencer quelques parties de cartes et d’apprécier les hauts sommets qui nous entoure, nous demandant quel col on va passer le lendemain. L’ambiance est bonne, chacun y met du sien, dans l’ensemble tout le monde à l’air sympathique. Seul bémol, la pluie qui fait son apparition en même temps que la tombée de la nuit et du froid… Combo peu sympathique, d’autant qu’on se rend vite compte que les tentes ne sont pas bien montées, qu’une d’entre elle ne ferme pas et que toutes prennent un peu l’eau, soit par le sol, soit parce qu’elles sont mal tendues… On s’inquiète un peu, 8 jours dans ces conditions, ça peut être très looooong ! On essaye de se rassurer, de se dire que normalement à cette époque-là, il ne pleut pas et que le lendemain il devrait faire beau…

Puis vient le moment où l’on demande à Théo de nous faire bouillir de l’eau pour le lendemain, afin qu’on ait assez d’eau pour randonner. Certains ont des pastilles qui purifient l’eau mais la plupart n’en ont pas, nous y compris, à l’auberge ils nous ont bien dit qu’on avait pas besoin d’en apporter… Ah oui, mais alors là, Théo nous dit que normalement c’était à nous de prévoir, qu’ils n’ont pas assez de gaz pour cuisiner toute la semaine et en plus faire bouillir de l’eau pour 6 personnes…

Et là on se dit que c’est une blague… Entre le matériel défectueux (On a pas apporté notre propre tente, on s’était dit que le matos de l’agence serait plus performant…), pas d’eau potable et la pluie par-dessus le marché… Alors qu’on était gonflé à bloc, le moral en prend un coup ! On s’est même demandé si on allait pas repartir, tellement ça nous paraît dangereux de randonner 7 jours dans ces conditions… On en discute avec les autres et chacun nous explique avoir une version différente selon l’auberge ou l’agence avec laquelle ils ont réservé le trek, avec ou sans pastilles, avec ou sans sac de couchage ( nous on a les nôtres, plus ceux de l’agence, ce qui n’est pas de trop par -5°C la nuit…), et surtout le prix… Ca va de 100 à 600 euros la semaine par personne… pour la même prestation ! Le pire c’est que c’est la péruvienne qui paye le plus cher ! Nous on paye moins de 150 euros par personne, et on est bien content vu la qualité…

C’est donc avec un peu d’appréhension et un drôle de sentiment qu’on va se coucher pour cette première nuit, sans savoir encore ce qu’on va faire le lendemain, rester ou non… (Ha oui, c’est Yann et Olivier qui dormiront dans la tente qui ne ferme pas, les filles à l’abri dans une autre tente et les trois autres gars dans la dernière…Faute d’avoir apporté notre tente, on est obligé de se séparer… Ca non plus c’était pas prévu!)

Au matin, tous les nuages se sont envolés, laissant place à un ciel d’un bleu pâle présageant une belle journée !! Il fait froid, les tentes sont gelées, mais l’eau est déjà chaude pour le thé ou l’infusion de coca, vivement recommandée pour parer les effets de l’altitude.

 

 

Véronica, la péruvienne, à réussi à discuter avec Théo et Tito, son compère muletier, qui pensent pouvoir aller se ravitailler en pastilles dans un village, non loin du deuxième campement. Tito partira donc ce soir au village avec une mule, pour tenter de trouver des pastilles, avec l’argent qu’on lui aura donné. Le cas échéant, ils s’engagent à nous faire bouillir de l’eau, mais auront besoin de se ravitailler en gaz avant la fin du trek.

 

 

 

 

 

Confiant sur le temps et ayant surtout très envie de faire le trek, nous décidons de rester, en espérant que tout se passe au mieux !

Nous quittons donc ce premier campement vers 8h du matin, en direction du premier col à 4800m. Celui-ci est juste devant nous et ça monte sec de bon matin ! Le sol encore gelé par endroit craque sous nos pas et il nous faudra attendre d’être presque au col pour profiter des premiers rayons du soleil. Et alors arrivés là-haut, quelle beauté !! Déjà, on est content d’être arrivé au col et d’avoir fini de monter, mais devant nous, une lagune sulfureuse aux tons ocres, une plaine et des rios allant se perdre entre deux vallées, des sommets à perte de vue et le sentiment d’être tout petit ! Oubliés les inquiétudes de la veille, la pluie, le froid, et les défauts d’organisation…le spectacle est tel qu’on se dit que rien ne pourrait plus nous faire reculer, la nature s’offrant ici à nous sans tricher, sans apparat, mais sous son plus bel angle !! Magnifique, on s’enivre rien qu’à regarder !

Une fois tout le monde arrivé au col, on redescend dans la vallée suivant le rio, puis bifurquant vers un autre, passant des ponts de pierre et saluant les vaches, savourant les rayons du soleil et la légère chaleur qu’ils prodiguent a cette altitude. Pour nous, pas de difficulté avec l’altitude, contrairement à certains autres du groupe. On est content d’avoir pris le temps de bien s’acclimater !

Tout au long de cette première journée de marche, la vue sera époustouflante, des sommets enneigés apparaissant au détour d’un virage, des lagunes aux couleurs différentes selon leur profondeur, on croise quelques « chosas », ces maisons traditionnelles au toit de pailles, servant traditionnellement aux bergers, mais aussi des « Biscochos », sortes de « lapin/marmotte/écureuil » des avec une longue queue, qui filent rapidement se cacher à notre approche. On est bien content d’avoir les jumelles pour les voir de plus près !

 

 

 

 

 

 

Puis on arrive au campement, ou les tentes sont déjà montées, Tito et les mules nous ayant dépassés au cours de la journée. On pose nos sacs à dos et on profite de la vue, ce soir, on dort au pied d’un glacier et de sa lagune… Splendide ! On est très content d’avoir continué le trek, et on se dit que si toutes les journées sont aussi belles que celle-ci, ça va être quelque chose de dingue !! Un thé chaud et des popcorns nous attendent sous la grande tente pour patienter avant le repas chaud du soir. On passe la soirée à jouer aux cartes, avant d’aller se coucher, pas si longtemps après le coucher du soleil. Debout 6h le lendemain et la journée de marche à eu raison de nous ! Un coup d’œil au ciel étoilé avant d’aller dormir, pas trop longtemps car on se dit qu’on va geler sur place !! Allez zou !

Au matin du troisième jour, c’est avec les murmures des autres du groupe qu’on se réveil, murmures qui s’amplifient au fur et à mesure que le temps passe… En effet, avec le lever du soleil, le glacier d’en face semble avoir revêtu une magnifique robe dorée, qui perds de son éclat à vitesse grand V. Il faut donc se dépêcher de sortir de la tente pour pouvoir admirer cette merveille !! La journée commence très bien !!

On commence à marcher tranquillement en contournant la lagune et arrivons quasiment au pied du premier glacier. Des cascades s’écoulent sous l’effet de la fonte des glaces. Puis au détour d’un virage, les pics d’autres sommets enneigés viennent nous saluer, surplombant notre sentier. De temps à autres nous entendons des avalanches avant même de les voir. Nous les cherchons alors du regard, tentant de repérer un peu de mouvement dans cette étendue blanche. Témoin du réchauffement climatique ou phénomène naturel ? En tout cas, ça reste impressionnant ! En fin de matinée, nous arrivons à un mirador qui nous permet d’observer 3 lagunes, se distinguant par leurs couleurs différentes, un rien surréaliste tant le bleu est profond !! Encore une fois c’est magnifique, et on ne se lasse pas d’observer le paysage en attendant les autres. (Hein, quoi ? Pas du tout, on ne se la pète pas du tout…) Nous pique-niquons juste avant de passer le col. Arrivé là-haut, on a la chance de pouvoir observer notre premier condor !!! Ou plutôt le premier pour Gwen, Yann en ayant déjà vu la dernière fois qu’il est venu au Pérou ! C’est immense !!

 

 

 

Puis on descend doucement vers le campement, observant, s’imprégnant et savourant notre environnement, gonflant nos poumons d’air pur et notre esprit de nature !!

Le quatrième jour, au petit dej, on a eu des pancakes !! Trop bon ! C’est donc le ventre plein qu’on repart pour cette matinée de marche : aujourd’hui, petite pause dans les sources thermales !!! On ne marche que la matinée, mais quelle matinée, des lagunes, des monts enneigés, des paysages à couper le souffle, encore et encore, des champs rempli d’alpagas, et la récompense à l’arrivée : l’eau des sources est belle et bien chaude, presque trop d’ailleurs dans un des bassins ! Après avoir déjeuné, on file donc se baigner, et boire quelques bières (Buisines is buisines, même au milieu de nulle part, on te vend de la bière…m’enfin, on s’est laissé faire !). C’est tellement agréable qu’on y restera 2h, de quoi être tout fripés comme des petits vieux !! Mais qu’est-ce que ça fait du bien et surtout, c’est trop bien de pouvoir se laver !!! (Parce que non, nous ne sommes définitivement pas assez courageux pour se laver dans l’eau gelée des rivières à 4200m!!)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le cinquième jour, c’est LE jour !! C’est le col à 5000m… On a bien fait de profiter la veille !!! D’autant plus qu’on a un malade dans le groupe et que la décision à été prise d’aller jusqu’au village (ce qui rallonge un peu) pour qu’il puisse se faire rapatrier sur Huaraz, mais aussi pour qu’on puisse racheter du gaz pour faire bouillir l’eau, ce qui implique qu’on fasse 22km en 9h… On ne se décourage pas et c’est motivé qu’on part tous à l’aube, Johnny notre malade à dos de mule. Vers 10H30 nous arrivons au col…Pour la plupart d’entre nous, c’est un record ! De là-haut on peut apercevoir presque tous les pics de la cordillère, c’est magnifique ! Photos, accolades et grignotage avant de redescendre dans une magnifique vallée, et suivre le rio jusqu’au village où l’on passera la nuit.

Le lendemain c’est donc à 7 qu’on continue le trek. Comme on a rallongé le chemin la veille, c’est une plus petite journée qui nous attends, mais qui comptera quand même ses 7h de marche… Là encore, des paysages époustouflants nous sont donnés à voir, des lagunes et des montagnes aux milles couleurs, des pics enneigés et des formations rocheuses dénudées… La nature est belle et se montre ici sans artifice, sublime !! Les journées sont magnifiques et ne se ressemblent pas, chacune propice à ses moments d’échanges avec les autres, mais aussi de méditation et de pleine conscience, conscient que nous sommes de la chance que nous avons de profiter de tous ces moments, de tous ces paysages…

 

 

 

 

La nature est belle et se montre ici sans artifice, sublime !!

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le septième jour est pour nous une des plus belles journées en terme de paysages… si c’est encore possible !

Après avoir gravi le col de bon matin, nous continuons vers un mirador un peu plus haut que le col, qui nous permet de voir toute la chaine de la cordillère du Huayhuash. Bien que ce jour-là quelques nuages aient décidé de nous accompagner, la vue n’en reste pas moins sensationnelle, et nous restons tous, un bon moment malgré le vent et le froid, à contempler ce panorama…Magique ! Mais nous ne sommes pas au bout de nos surprises ! Théo nous emmène un peu plus loin sur la crête, et de là, nous apercevons deux lagunes qui se sont formées au pied d’un glacier, c’est magnifique !! Notre campement est en bas, nous devons descendre à flanc de montagne, c’est un peu raide, mais la vue en vaut la chandelle !!

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Nous arrivons assez tôt au camp, et avons ici aussi le loisir de pouvoir déguster quelques bières si le cœur nous en dit…Le tout au pied du glacier… y a pire non ?!?

 

 

 

 

 

 

 

 

Dans la nuit, juste avant d’aller se coucher, petite séance photo pour immortaliser le moment mais aussi le lieu, jouissant d’une lumière exceptionnelle du fait du manteau de glace que revêtent les montagnes, aidé par les milliers d’étoiles au-dessus de nos têtes…

(credit photo : Shoko Nakatani )

Enfin, dernier jour, nous nous levons une heure plus tôt, à 5h, afin de quitter le campement plus tôt et d’arriver au village pour midi. Nous grimpons notre dernier col, à la fois ravis et fier de nous d’avoir accompli ce trek, le corps et l’esprit gonflés d’énergie malgré la fatigue, mais contents également de se dire que ce soir, on dort dans un vrai lit…Et surtout tous les deux !!!

8 jours, 93km, des cols tous les jours, l’altitude…c’est un trek hors du commun qu’on s’est offert là, et on ne regrette rien !! Si, on aurait dû apporter notre propre tente, on le note pour les prochaines fois !! Mais quel bonheur et quel spectacle, tous les jours des paysages plus beaux les uns que les autres, des sommets enneigés, des pics rocheux, des lagunes bleues turquoises, bleues marines, des vallées somptueuses, et le sentiment d’être tout petit, de ne faire qu’un avec la nature, sentiment de bien-être… On y retourne quand ?????

Allez, on vous laisse admirer encore nos photos, qui ne rendront jamais les choses comme on les a vues, et si le cœur vous en dit, Yann vous a concocté un petit film

 


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