Tingo Maria 2


Après près de 3 semaines dans les montagnes, nous voilà parti pour la Haute Amazonie, ou on doit rejoindre Nancy et sa famille pour notre deuxième workaway. On vous l’avoue, on s’est demandé plusieurs fois si on y allait vraiment ou pas, un peu déconcertés par les mises en garde du gouvernement français… (Sur le site « diplomatie.gouv.fr », ils disent quand même : « Il est formellement déconseillé de pénétrer dans les zones dangereuses où sévissent des groupes armés liés au narcotrafic (en rouge sur la carte) : région de Huánuco » (Et c’est juste exactement là où on va… D’ailleurs on a dormi à Huánuco…))

Bon, sur les photos, ils avaient l’air sympa, et les commentaires qu’ils avaient étaient positifs… On s’est lancés…et on a bien fait ! Mais alors quel périple pour se rendre chez eux ! On a dû prendre des bus, des minibus, des voitures et moto-taxis… Et se retrouver à 9 dans une fiat panda pendant 2h30 sur des pistes en terre à flancs de montagne…autant vous dire qu’on l’a mérité notre workaway ! Il fallait avoir envie d’y aller !

Bref, on a fini par y arriver…sans avoir croisé aucun narco-trafiquant… ! 😉

On a été très chaleureusement accueillis par Nancy et Gilbert, couple belgio-péruvien, installés à Tingo Maria depuis 6 ans, avec leurs enfants Laetitia et Alexander. Ils nous ont mis à l’aise rapidement et ça ne faisait pas une heure qu’on était là, que déjà, on aidait Nancy à préparer des noix de cocos, pour en extraire la pulpe et faire de l’huile de coco… c’est pas top ça ?!

Contrairement à notre dernier volontariat, on ne pourra pas dire qu’on a croulé sous le travail… Ici, c’était plutôt varié, mais surtout à la cool, Nancy nous faisant bien comprendre que le plus important pour elle tant qu’on avançait un peu chaque jour,  c’était de pouvoir échanger et passer du temps avec nous, de cuisinier de bons petits plats et de s’assurer qu’on puisse découvrir tous les beaux petits coins de sa région !

                                                                 

 

 

On a donc bossé les matins : jardinage, peinture, plomberie, Yann a fait un plan pour une serre… mais le tout au rythme péruvien… « tranquillo » !! L’après-midi, on était libre et on en a profité pour visiter un peu les environs. On s’est souvent engouffrés à 4 dans les moto-taxis, avec un autre de couple de français qui passait une semaine chez Nancy également. La cueva de los lechuzas, la cataracta de santa carmen, las cuevas de las pavas, la laguna de los milagros…la région regorge de petits coins super chouettes !! Notre préféré aura été la cataracta de santa Carmen, ou on est arrivés un peu tard mais pour le coup on avait le site pour nous tous seuls!! Trop canon pour s’y baigner !

                                                                 

 

 

Et puis, le weekend, on a accompagné Nancy sur le terrain de  ses amis, Lia et Ully, qui ont récupéré pas loin de 20 hectares de plantation de cacao et bananiers. On les a donc aidés toute la matinée à récolter les cabosses de cacao et à en extraire les fèves… Super intéressant !

Eh oui, parce que vous aussi, on sait que vous aimez le chocolat !! Mais est-ce que vous savez comment c’est fait et d’où ça vient ?? Nous en tout cas, on ne mangera plus le chocolat de la même façon !

 

Alors, petite explication : Les cabosses de cacao se développent directement sur le tronc des cacaoyers. Il faut de 5 à 7 mois pour qu’elles soient à maturité, et que leur couleur passe du vert au jaune ou au rouge. A ce moment-là, elles sont récoltées, et à l’aide d’une machette, elles sont ouvertes afin d’en extraire les fèves (ou grains). Une cabosse peut contenir jusqu’à 40 grains de cacao ! Bien sûr, on a gouté la pulpe qui se trouve autour des grains, rien à voir avec le chocolat ou le cacao, un petit gout frais et acidulé, très juteux, miam !

                                                      

 

 

 

 

On a rempli 20 sacs (de 14 litres chacun !) de grains de cacao, avec leur pulpe autour… ça en fait des cabosses à vider !

Bon, mais comment ces grains de cacao vont se transformer en délicieux chocolat ? Eh bien, durant 3-4 jours, les grains avec leur pulpe vont rester fermenter dans les sacs, afin de développer la couleur (du violet foncé au marron) et la saveur des fèves de cacao. Une fois la fermentation terminée, les grains sont nettoyés, la pulpe enlevée et l’idée est de faire sécher les fèves et de faire baisser le taux d’humidité accumulé durant la fermentation, afin d’assurer au cacao de bonnes conditions de conservation. Le séchage dure environ 5-6 jours et se fait au soleil, naturellement.

Enfin, lorsque les grains sont bien secs, la plupart sont vendus à des firmes internationales, souvent en Europe ou aux Etats-Unis, le Pérou n’ayant pas ou peu de machines pour fabriquer le chocolat, du moins pas à une échelle industrielle.

Pour qu’elles deviennent du chocolat, les fèves sont torréfiées puis moulues afin d’obtenir du cacao. De celui-ci, on sépare le beurre de cacao et la pâte de cacao. Le chocolat est ensuite fait à partir d’un mélange subtil en pate de cacao, sucre, beurre de cacao, lait et autre arômes en fonction du chocolat choisi. La recette est différente suivant que vous aimiez votre chocolat noir, au lait, blanc….

Bref, du coup, après avoir bossé toute une matinée et appris tout ça, après avoir découvert qu’une journée de travail dans une plantation était rémunérée environ 25 soles (soit environ 6 euros…) eh, bien, c’est sûr, à l’avenir on tâchera de ne manger plus que du chocolat non seulement bio, mais surtout équitable !

En tant que volontaire, ils nous ont invité à partager un bon repas, un peu plus loin sur le terrain, sous une gargote aménagée, à l’ombre des bananiers, suivie d’une baignade dans le rio…et d’une cinquantaine de piqures de moustiques chacun… ! Sans aucun doute, c’est bien le début de l’Amazonie !!

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Une belle expérience de volontariat, ou on aura tous les deux progressé en espagnol, ou Yann aura fait du pain, ou on aura évoqué les extraterrestres (Nancy y croit dur comme fer et tentait tous les jours de nous convaincre !), mangé des vers en sauce… et partagé, le temps de deux semaines, la vie d’une famille péruvienne, tout en ayant le temps de visiter…Parfait quoi !

 


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2 commentaires sur “Tingo Maria

  • G.Louis

    Belle expérience la récolte du cacao et la fabrication du chocolat .
    Et le contact avec les agriculteurs.
    Toujours aussi belles vos photos
    Et vos commentaire super
    Bisous ☺

  • Jeanne Rivoalen

    Miam! Vous nous donnez envie de dégustation de chocolat,équitable évidemment, en pensant à vous et votre superbe périple très riche en rencontre et découvertes!Bisous