Cusco et la vallée sacrée 2


Déjà presque un mois que nous sommes à Cusco…Que le temps passe vite !!

On vous a raconté nos treks, nos découvertes, les gens qu’on y a rencontré… Mais la ville en elle-même est également une belle rencontre ! Cusco était la capitale des Incas, et malgré la colonisation des Espagnols, elle garde de nombreuse traces de son passé. Tant dans l’architecture que dans les coutumes, Cusco permet de découvrir un peu plus qui étaient les incas et est surtout un bon moyen de rayonner dans les environs de la vallée sacrée.

Saqsaywaman sur les hauteurs de Cusco

Bien sûr, ça reste une grande ville, et quelques jours nous auraient suffi si nous n’avions pas séjourné au Miradorcito (voir article sur « la maison du bonheur »). Mais comme on s’y est plu, on a pris le temps de sillonner les rues, les marchés, les places… Les espagnols ont également laissé beaucoup de traces de leur passage, notamment avec les très nombreuses cathédrales, églises et autres couvents, qu’ils ont construits à l’époque afin de convertir le plus grand nombre d’incas et ce le plus vite possible !

plaza de Armas

L’architecture et l’énergie qui règnent à Cusco, mais aussi après avoir visité le Machu Pichhu, nous avons voulu découvrir un peu plus cette civilisation, notamment à travers la vallée sacrée.

Nous sommes donc parti trois jours pour visiter les différents sites archéologiques qui jalonnent la vallée sacrée des Incas. Non loin du Machu Picchu, elle s’étend de Pisac à Ollantaytambo, deux bastions importants de l’empire Inca, et est traversée par la rivière Urubamba. Les Incas appréciaient notamment sa localisation, son climat, propice à l’agriculture, ainsi que ses richesses naturelles.

Nous avons décidé de passer la journée entière à Pisac, dont on nous avait vanté les mérites, tant par la taille du site que par la diversité des ruines. Et nous n’avons pas été déçus !

Pisac est l’un des complexes archéologiques les plus importants de la vallée sacrée et est situé à un endroit stratégique, lui conférant un rôle important. On pense que Pisac servait à défendre l’entrée sud de la vallée sacrée, tandis que Choquequirao (que nous n’avons pas visité) défendait l’ouest et Ollantaytambo le nord.

Des vestiges militaires, religieux et agricoles ont été découverts à Pisac, signifiant que la cité avait de nombreuses fonctions.

En effet, en arrivant à Pisac, nous avons décidé de monter à pied en haut de la citadelle, afin d’apprécier la vue mais aussi d’utiliser le chemin emprunté à l’époque par les incas. Nous avons donc commencé à monter, le chemin passant par les nombreuses terrasses agricoles de la citadelle, servant notamment à l’époque à faire pousser le maïs. Les premières constructions que nous découvrons semblent être dédiées à l’agriculture, étant en bas de la citadelle, au niveau des terrasses. Notre guide du routard nous apprendra qu’il s’agit du quartier d’entrepôts de Pisaqa. De là, nous montons jusqu’aux constructions supérieures et l’on se retrouve sur une petite place ou beaucoup de locaux en vêtements traditionnels semblent attendre quelque chose. En effet, rapidement après que nous soyons montés, nous entendons comme une fanfare. Nous grimpons sur un promontoire et observons alors un rassemblement de personnes, et ce qui semble être un autel éphémère érigé pour une cérémonie d’offrande à la Pachamama. En effet, depuis le début du mois d’aout, de nombreuses cérémonies en l’honneur de la Pachamama sont faites, afin que le terre soit de nouveau généreuse pour l’année à venir, le mois d’aout étant le premier mois du calendrier Inca. Mais alors qu’on avait assisté à une « petite » cérémonie chez Yoni et Raul, c’était la première fois qu’on en voyait une plus importante, en plein air. Des chants, des prières et des discours ont été proclamés, et de nombreuses offrandes ont été faites, notamment des boissons et de la nourriture. C’était beau et intéressant de participer de loin à cette cérémonie.

Puis nous avons continué notre visite, d’abord vers l’Intiwatana, le temple du soleil ainsi que le temple de la lune, ou nous pouvons apprécier encore une fois l’architecture sans faille des incas. Nous remontons ensuite un peu plus pour passer derrière la montagne et observer de nouveau de nombreuses terrasses agricoles. En haut de ces terrasses, nous passons par des quartiers bien distincts avec de nombreuses habitations, ainsi que des bains liturgiques.

Après plusieurs heures sur le site, à grimper, observer, imaginer, nous redescendons au village par un autre sentier, duquel nous pouvons observer dans la colline en face, des centaines de cavités ou l’on enterrait les morts…

Puis nous reprenons un bus pour Ollantaytambo, ou nous allons passer la nuit avant de visiter ses ruines. Comme on l’a dit plus haut, Ollantaytambo était certainement le bastion de l’entrée nord de la vallée sacrée. C’est aujourd’hui le seul village du Pérou ayant conservé son plan Inca d’origine ! On peut observer dans les ruelles, les rigoles d’origine d’évacuation des eaux…toujours en action !

Le soir, nous y avons gouté une bonne bière locale, brassée dans la vallée… Et surtout en pression ! (La coreff nous manque !!)

Réveillées tôt le lendemain, nous filons rapidement découvrir les ruines. Ici encore, ce sont des terrasses agricoles qui nous accueillent, ne laissant qu’un passage étroit pour monter en haut de la citadelle. Malins les bougres, c’est comme ça qu’ils ont réussi à faire battre en retraite les espagnols lors de leur première attaque ! Cela dit, ceux-ci sont revenus plus nombreux plus tard et ont réussi à se saisir du bastion.

Moins impressionnant que Pisac à nos yeux, la visite des ruines nous a encore toutefois permis d’apprécier le travail de titans que produisaient les incas et leurs prouesses dans la construction des temples et autres habitations.

La visite terminée, nous avons pris un « colectivo », ces mini-vans que l’on trouve partout en Amérique du sud, pour nous rendre à Urubamba. De là, nous avons sauté dans un bus direction Cusco, mais qui nous a déposé à une intersection avec la ville de Maras. De là, deux sites à voir : Moray, et les Salineras.

Le seul moyen de se rendre à Moray arrivé là est de prendre un taxi. Evidemment, ils sont quelques-uns à attendre les touristes, et nous réussissons à partager le nôtre avec un italien venu lui aussi visiter le site.

Moray n’est ni un village, ni une forteresse, ni une citadelle…Non, Moray, on pense que c’était un centre de recherche en agroécologie…On peut en effet observer tout un ensemble de terrasses en amphithéâtre, trois sites exactement, impressionnants par leur taille et leur localisation. Leur forme permettait de créer des microclimats au gré des cercles concentriques, et les chercheurs estiment qu’avec cet ingénieux système, les incas arrivaient à faire pousser les plantes tropicales même en hiver, en bas, ou il faisait plus chaud qu’en haut. Ca donnerait presque envie de creuser son jardin pour tenter l’expérience !!

Et enfin, les salineras de Maras, Site pré-inca encore exploité ce jour, sont des salines impressionnantes par leur taille mais surtout par leur localisation ! Chez nous, les marais salants on les trouve à Guérande ou à l’ile de ré… Autrement dit près de la mer, et donc du sel… Mais la vallée sacrée n’est pas franchement près de la mer… Plusieurs centaines de kms l’en sépare… Non, le sel des salineras jaillit d’une petite source de la montagne, y puisant ses minéraux et notamment son sodium qu’elle déverse dans les bassins aménagés afin de récolter le sel. Le paysage est assez impressionnant, quelque peu surréaliste et surtout original !

Alors que nous pensions passer trois jours dans la vallée sacrée, nous avons finalement pu voir les sites que nous voulions voir en deux jours, tout en prenant le temps de les apprécier. C’est donc tranquillement que nous reprenons la route vers Cusco, tout en faisant une halte dans le petit village de Chinchero ou là encore des vestiges incas et de nombreuses terrasses se visitent.

La culture Inca, son histoire et ses vestiges sont très impressionnants, intéressants et surtout empreints d’un mystère dont on ne percera sans doute jamais totalement le secret… Ces quelques jours à Cusco et dans la vallée sacrée nous auront permis d’en apprendre un peu plus et de découvrir cette civilisation mystérieuse qui fait et fera encore rêver les petits et les grands !


Laissez un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

2 commentaires sur “Cusco et la vallée sacrée