Arequipa et le canyon de Colca 9


Après avoir quitté Cusco et notre maison du bonheur, c’est à Arequipa que nous avons posé le pied, dernière étape pour nous au Pérou.

Comme convenu, nous y avons retrouvé nos nouveaux acolytes, Diane et Vincent !! A peine retrouvés, qu’on se faisait déjà une soirée Ty-Pich !! Vous ne savez pas ce qu’est le Ty-Pich ?? C’est simple, c’est un peu comme un Ty-punch, mais avec du Pisco, alcool local, à la place du Rhum… Bon, bien entendu, maintenant qu’on vous a tout dévoilé, y a plus qu’à breveter…

Bref, sinon, on allait vous parler d’Arequipa et son canyon…

Arequipa, située au sud du Pérou, au pied des volcans « Misti » et « Chachani » est une ville dynamique, ayant conservé une grande partie de ses bâtiments coloniaux (le centre historique est même classé au patrimoine mondial par l’Unesco), tout en ayant su y ajouter sa touche moderne. Surnommée la « ville blanche » du fait du « Sillar » utilisé pour construire églises et autres bâtisses coloniales, une roche volcanique d’un blanc éclatant !

On a aussi beaucoup fréquenté le marché, ou fruits, légumes, fromages, jus de fruits frais et autres petits stands de nourriture pas chère ont su nous convaincre ! C’est donc évidemment là que nous avons fait nos courses pour partir trois jours dans le canyon de Colca, avec Diane et Vincent.

Beaucoup de blogs ou sites parlent des excursions dans ce canyon, beaucoup se font avec agence, mais nous, nous avons décidé de le faire seuls, le sentier semblant assez bien balisé et sans grande difficulté, et les hébergements se trouvant dans les hameaux au fond du canyon.

Ah oui, parce qu’on ne vous a pas dit, le canyon de Colca est presque le plus profond du monde ! Presque, parce que depuis quelques années, il fut avéré que c’est son voisin, le canyon de Cotahuasi le plus profond du monde, qui lui a raflé la première place…

Après 6h de bus (seulement 180km… au Pérou, on ne compte pas en km, mais en heures de bus… Et pour info, pour eux, 6h, c’est « à côté »…), nous sommes arrivés à Cabanaconde, point de départ de notre trek, ou nous avons passé la nuit.

Debout très tôt le lendemain matin, nous partons à 6h30 après avoir pris un petit dèj frugal, motivés à bien marcher avant que le soleil n’arrive. Bon, on l’avoue aussi, on cherche un peu à éviter les gens qui font payer la descente dans le canyon… 70 soles par personnes…on trouve que c’est cher payé quand on sait que ces sous là ne vont pas dans la poche des communautés, ni pour l’entretien des sentiers, encore moins pour la préservation de l’environnement… mais bien dans la poche de quelques-uns qui cherchent juste à faire du profit sur un tourisme de masse en expansion depuis plusieurs années. N’ayant pas envie de payer pour juste marcher dans la nature, nous partons donc par les petites rues, à l’aube, en espérant ne croiser personne au retour non plus. Et ça marche !

On descend rapidement dans le canyon, et la chaleur se fait sentir assez vite ! On troque legging et pantalons pour nos shorts, bien plus confortables par ces températures ! Au bout de quelques heures, nous voilà en bas du canyon, au pied de la rivière. Il parait qu’un geyser se cache non loin du pont que nous devons emprunter… On cherche, on cherche, jusqu’à trouver en effet quelques émanations de fumée… Un peu déçus, on s’attendait à voir un beau geyser cracher eau chaude et autres volutes…tant pis ! On continue notre chemin avant que le soleil ne nous brule sur place ! Heureusement, on arrive rapidement à Llahuar, petit village, ou plutôt hammeau (il y a 3 maisons et un camping…) ou nous séjournerons chez Virginia, superbe petite auberge, au calme. Le prix de la chambre comprend l’accès aux sources thermales, auxquelles on descend en fin d’après-midi… Un régal !! Yann et Diane aurons risqué un plouf dans la rivière avant de venir se la couler douce dans l’eau à 45°C ! Le soir, Virginia nous prépare un super dinner, et nous offrira même un avocat de son jardin pour notre pique-nique du lendemain !

Départ vers 6h30 également le lendemain matin. Ça grimpe dur sur la première partie du chemin, puis nous regagnons une route de terre que nous longeons sur quelques km. Le canyon est en contrebas, c’est magnifique ! Une légère brume vient mystifier l’ambiance…

En fin de matinée, nous descendons enfin, pour aller rejoindre le village de San Juan de Chucho, petit écrin de verdure, dans ce canyon aride. On n’est pas non plus à l’oasis de Sangalle, ou tous les touristes qui font le canyon avec les agences descendent, et ou les piscines ne se comptent plus…Mais notre petit paradis nous plait plus, plus calme, plus serein ! Et puis, faut dire, il nous permet d’apprécier le « mur » que nous allons remonter le lendemain pour remonter à Cabanaconde… Eh oui, qui dit descendre dans le canyon, dit aussi remonter…

Bon, comme on compte bien éviter de nouveau les gens qui font payer, et qu’on nous a dit qu’ils étaient à 7h au village, on se dit qu’il faut qu’on parte tôt…

C’est donc à 4h50 le lendemain matin, à la frontale, que nous commençons à gravir l’abrupte pente du canyon… Ca grimpe comme jamais, mais nous tenons le rythme, et surtout apprécions le lever de soleil dans le canyon et les rayons qui viennent percer l’obscurité et nous réchauffer un petit peu. Cependant, à 7h, nous sommes toujours en train de monter… Nous arrivons à 7h30 en haut du canyon, et croisons justement en voiture un gars qui à tout l’air d’un « garde »… Nous lui disons bonjour avec un grand sourire et continuons notre chemin comme si de rien n’était… Pas que nous souhaitions passer pour des radins, mais nous savons après 3 mois dans le pays comme certains sont corrompus et comme les richesses ne sont pas réparties de façon égalitaire. Nous ne souhaitons juste pas laisser des sous dans la poche des plus riches, alors que nous avons déjà contribué à aider les communautés du canyon en logeant et mangeant dans leurs villages en bas.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

De retour à Cabanaconde, nous prenons rapidement un petit déjeuner

et sautons dans un bus pour rentrer sur Arequipa.

Ce fut un trek sympa, simple, agréable par son rythme, loin de ceux qu’on a pu faire dernièrement ! On a marché en moyenne 4 à 5h par jour, avec certes, de bons dénivelés, mais rien d’insurmontable, et surtout de magnifiques paysages qui changeaient radicalement avec ce qu’on a pu voir pour le moment !

 

Quelques jours après s’être reposés, et que Diane et Vincent nous aient quittés pour continuer leur voyage, nous sommes allés visiter le Couvent de Santa Catalina. Construit également avec du Sillar, cette roche volcanique blanche, c’est aussi le couvent le plus grand du monde ! (A croire qu’ils cherchaient à être dans le guiness book avec tous leurs « plus grand du monde… ») Fondé en 1579, c’est pas moins de 300 nonnes qui y vécurent, jusqu’en 1970. Petite ville dans la grande, il compte ruelles, petites places, cloitres, cuisines, cellules privatives, et jardin potager, le tout bien clos derrière d’épais murs que les nonnes n’ont pu franchir durant 4 siècles, après avoir prononcés leurs vœux. Aujourd’hui, seulement quelques sœurs habitent le nouveau couvent, bien plus petit et interdit au public, bien qu’elles puissent, elles, sortir et échanger avec leurs familles depuis la visite du Pape Jean-Paul II en 1985…

Les couleurs sont magnifiques, on a été charmé par l’énergie du lieu et la quiétude qui s’en dégage. On vous laisse juger par vous-mêmes !

 


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9 commentaires sur “Arequipa et le canyon de Colca

  • Helene

    Coucou vous deux!
    Beaucoup de plaisir à suivre votre périple!
    Beaux textes, belles photos!
    Grace à vous, je découvre toutes ces magnifiques contrées!
    Bonne continuation.
    Bises.
    Hélène

  • Jeanne Rivoalen

    C’est partout la même chose :ce sont les plus riches qui en veulent toujours plus aus dépends des plus pauvres 😠toujours autant de plaisir à vous lire !Bisous

  • Le jeune Gérard

    J’aime beaucoup, les murs bleus. Les murs bruns sont magnifiques aussi, tout cela avec une belle lumière. Lieu calme et tranquille en effet.
    Bonne continuation. Gérard

  • G.Louis

    C’est vrai que les plus belles rencontres ce fond dans les petits viĺlages au plus prés des gens en dehors des flots de touristes (que nous sommes )continuer comme ça
    A BIENTÔT

  • Agnès

    bonjour les jeunes ! les couleurs sont magnifiques ; merci de nous en mettre pleins les yeux. Bravo pour votre courage car remonter le canyon à la lampe frontale c’est plutôt
    « coton » !
    bisous

  • BRUNET Claudine et Gilles

    MERCI : votre texte et vos photos sont magnifiques . Quelle aventure.
    Ca devait être quelque chose cette remontée du canyon à la frontale….
    J’ai adoré ce couvent Santa Catarina, ses couleurs, la lumière que s’en dégage. ( ça me donne des envies d’Aquarelle… 🙂
    Si vous passez par Brest , on sera ravis de vous rencontrer (Parents de Vincent ) on vous suit depuis longtemps à travers le blog de Vincent et Diane