Sur les traces des dinosaures… 8


Ayant 3 semaines avec les parents en Bolivie, nous avons un peu plus organisé notre itinéraire. Après avoir farfouiné dans le guide du routard et sur différents blogs, et surtout depuis 5 mois, amassé quelques infos de la part d’autres voyageurs, notre choix pour la première semaine s’est porté vers le parc national de Torotoro, dont on nous a dit qu’on y croisait des traces de dinosaures…dans des paysages aussi beaux que mystérieux !!

Intrigués, nous avons eu envie d’aller nous-mêmes voir sur place !

Arrivés à Cochabamba, nous cherchons un hôtel pour y passer la nuit. En effet, si on s’y tient aux infos qu’on a, il y a deux bus, soit un qui part à 18h et arrive à minuit à Torotoro, soit un autre à 6h au matin, pour arriver à midi. Nous choisissons de prendre celui du matin le lendemain, pour profiter du paysage et arriver tant qu’il fait jour. Nous ne voulons pas trimballer les valises des parents dans toute la ville et trouvons un hôtel pas cher, près du terminal de bus… Pas cher, et un peu douteux, mais courageux et baroudeurs (chapeau les parents! ), on se dit que pour une nuit seulement, ça va le faire… Quoique… Bref, on décide de partir prendre un petit dèj en ville lorsque Yann se rend compte qu’il n’a plus sa carte bancaire… Panique à bord, on fouille tous nos sacs, nos poches, on refouille et on re-re fouille… rien à faire, pas de carte bleue ! Bon, Gwen a la sienne aussi, mais celle de Yann nous permet de ne pas payer de frais bancaires, ce qui est très intéressant !

Un peu dépités, on va prendre un petit déjeuner, tout en tentant de relativiser et surtout on envoie direct un mail à la banquière pour qu’elle fasse opposition !

Passé cet épisode, nous nous rendons en taxi au départ du bus du lendemain, pour réserver nos places. Oui mais alors, arrivés là-bas, c’est pas un bus qu’on trouve mais des petits vans (un « collectivo » qu’on dit par ici !), qui partent toute la journée, quand ils sont pleins, dans lesquels il y a plus de place et qui sont 10 bolivianos plus cher que le bus, soit un peu plus d’1 euro… et avec 2h de trajet en moins !

Hôtel miteux, collectivo plus confortable et trajet moins long… Notre décision est prise, on retourne à l’hôtel pour récupérer nos bagages, demander un remboursement, et partir dans la journée à Torotoro !

Oui, bon, ça s’est pas tout à fait passé comme ça…Bien qu’on ait fait des pieds et des mains, ils n’ont pas voulu nous rembourser à l’hôtel, inventant une histoire de police touristique, qu’on avait que 15min pour changer d’avis après avoir pris la chambre, blablabla… On râle, ça nous agace, on a déjà perdu la carte bancaire, et là on perd des sous…décidément, c’est pas la journée !!

Tant pis, on s’en va quand même, de toute façon aucun de nous n’avait très envie de dormir là, et on se dit qu’il vaut mieux pour le moral des troupes que nous trouvions un chouette hôtel à Torotoro !

Les sourires reviennent vite sur les lèvres et nous filons prendre notre collectivo ! Nous aurons attendu un peu moins d’une heure qu’il se remplisse de passagers pour partir, fixé nos bagages sur le toit, et c’est parti !!

Nous sommes arrivés dans le petit village de Torotoro après 4h d’une route (ou plutôt d’une piste) magnifique, tortueuse, pleine de couleurs ! Là-bas, nous nous sommes installés à l’hôtel « Como en Casa » (comme à la maison), aux antipodes de l’hôtel du matin !

Arrivés dans l’après-midi, nous posons nos sacs et valises et décidons de faire un tour dans ce charmant village. Tout petit, nous tombons rapidement sur une jolie place, ou plutôt LA place : Des dinosaures de partout, des grands, des petits, dans des œufs, d’autres semblants voler au-dessus de nous…On se croirait dans Jurassic Parc ! Bien-sûr, nous prenons quelques photos pour immortaliser ça, et sommes impatients de marcher sur leurs traces !

Il faut savoir que nom du parc national « Torotoro », vient du quechua « thuru-thuru » (= boue, pluie, région boueuse) du fait de la terre argileuse dans laquelle, malgré le temps, se sont conservées les traces de dinosaures !

De retour à l’hôtel, les proprios, très sympas (et parlant un très bon français) nous ont dit d’aller nous renseigner au bureau des guides afin d’organiser nos excursions. Ici, rien ne se fait sans guide et sans avoir préalablement payé l’entrée au parc national.

Nous nous y rendons le lendemain et choisissons deux belles balades, la première pour le jour même, à « la ciudad de Itas » et la seconde pour le lendemain « El Vergel » ou nous devrions voir les fameuses traces de dinosaures… !

Le temps de faire quelques courses pour pique-niquer, nous voilà parti en 4X4 avec chauffeur et guide. La route est magnifique et nous pouvons admirer un paysage hors du commun, façonné par l’orogénèse et la tectonique des plaques. Nous pouvons observer les « vagues » qui se dressent à la verticale devant nous, c’est dingue ! Nous nous arrêtons en chemin et le guide nous explique qu’il y a 60 à 80 millions d’années, à l’époque du crétacé supérieur, il y avait la mer là où nous nous trouvions. Bien-sûr, alors que là, nous sommes à plus de 3000m, à l’époque l’altitude devait être pas loin de zéro…

Nous reprenons la route et serpentons à travers la montagne, grimpant encore jusque 3800m.

Nous arrivons au site de « la ciudad de Itas » ou déjà, rien que la vue nous bluff ! Nous surplombons tout le paysage, c’est splendide !

Nous commençons à marcher, ça grimpe un peu, mais ça va, tout le monde est en forme. On observe de très belles formations rocheuses, toujours dans ce paysage féérique ! On passe par des passages étroits, ou faut limite escalader… Ils nous avaient pas dit ça à l’agence ! Tout se passe bien, on arrive tous en haut, sans mal, d’où la vue continue de nous subjuguer ! Nous marchons encore un peu, puis nous voyons notre guide descendre une paroi un peu abrupte… Encore ?? On leur avait pourtant demandé si c’était difficile d’accès ou non, et bien sûr, tout le monde nous a dit « non, non, c’est plat… ! ». Le guide croit nous rassurer en nous disant que si besoin il a des cordes dans son sac… Euh, ok, mais on avait juste pas prévu de faire de l’escalade avec les parents…Il nous dit alors qu’il y a un autre passage difficile un peu plus loin mais qu’éventuellement, les parents pourraient nous attendre un peu plus haut, et que nous reviendrions par un chemin moins escarpé qu’à l’aller.

Une fois en bas, nous découvrons un ensemble de cavités plus ou moins grandes, creusées par l’eau il y a des millions d’années. On peut également presque imaginer dans la roche un mammouth énorme, dont on distingue la trompe ! La balade continue, nous faisant passer par des passages étroits, conférant un côté mystérieux à l’endroit.

Puis nous arrivons à un superbe point de vue, où nous laissons les parents pour poursuivre avec le guide le chemin, plus escarpé. On les retrouvera 30 min plus tard.

Comme nous l’avait dit le guide, ça grimpe bien ! Nous arrivons sur une plateforme, puis de là, nous passons sur un pont de pierre, pour ensuite redescendre par quelques échelles posées à flanc de roche. Enfin, nous arrivons sur un petit plateau, puis passons de nouveau dans des failles, s’improvisant spéléologues, lampe frontale et escalade au programme ! Ca ne dure pas trop et on finit par ressortir…sur la même étendue verte qu’avant d’y entrer ! Petit parcours d’aventure dixit le guide !

Nous passons ensuite par une autre cavité, très grande celle-ci, surnommée le « palais du président ». Il s’agit en fait de la caverne au-dessus de laquelle on est passé à pied, par le pont en pierre. Puis de là, nous reprenons un sentier qui nous ramène aux parents.

Petit pique-nique en admirant la vue, puis nous rebroussons chemin, en continuant de s’émerveiller devant la vue !

Belle balade à la « Ciudad de Itas », dommage que Grand-Louis et Marie n’aient pas pu faire tout le chemin avec nous ; au bureau des guides ils s’étaient bien gardés de nous dire qu’il y avait des passages compliqués…

Nous rentrons sur Torotoro, ou nous réservons la balade du lendemain, « El Vergel ». Rendez-vous 7h30 tapante, avec Bénédicto, le même guide que pour la balade d’aujourd’hui.

Le soir nous mangeons dans un petit restau après avoir trinqué à la bière locale, puis nous rentrons nous coucher pour être en forme pour le lendemain.

 

Après un bon petit-dèj à l’hôtel, nous partons rejoindre notre guide pour découvrir entre autre, les fameuses traces de dinosaures !

Nous rejoignons rapidement le premier site, ou nous pouvons apercevoir nos premières traces… On peut ici en voir quelques-unes, mais il parait qu’il y en a des milliers sous les sédiments ! Elles datent d’il y a 60 à 80 millions d’années, à une époque où les continents Africains et Sud-Américains étaient collés. Les dinosaures étaient alors en transhumance, Torotoro n’étant pas leur lieu de villégiature.

Plusieurs types de dinosaures ont été répertoriés dans la région :

  • Les Théropodes, seuls carnivores, mesurant 1m80 environ, qui chassaient principalement les Ornithopodos
  • Les Ankylosaures, herbivores, qui faisaient plus de 3 mètres de haut
  • Les Véloceraptors, qui savaient voler
  • Et les Sauropodes, mastodontes pouvant atteindre 36m de long et 32 tonnes ! Ceux-ci, malgré leur taille étaient des proies faciles pour les Théropodes, car du fait de leur poids, ils avançaient très lentement. Or les derniers étaient très vifs !

On peut observer les traces des uns et des autres, Bénédicto nous explique les différents combats qu’il pouvait y avoir entre carnivores et herbivores et illustre les traces que nous pouvons voir avec des figurines de dino, bien plus parlantes pour nous ! 😉

On est tous un peu comme des gamins, excités de faire des découvertes si énormes, s’improvisant aventurier pour la journée !!

La balade continue, sous le soleil qui s’est bien levé et nous marchons en direction du « Canyon Torotoro ». Nous croisons des arbres magnifiques aux fleurs violettes, les « Akaranga » arbres qu’on avait déjà aperçus le long de la route pour venir de Cochabamba. Nous descendons dans le lit de la rivière, à sec à cette époque de l’année, ou on peut apprécier un théâtre naturel façonné dans la roche par l’érosion de l’eau. Aujourd’hui, même à la saison des pluies, le volume d’eau n’est plus ce qu’il était lorsqu’il a créé ces paysages, mais il parait qu’en janvier on y trouve tout de même une cascade et qu’on peut se baigner au fond du théâtre.

On longe le lit et on continue de descendre, jusqu’à croiser un pont suspendu en pierre, façonné lui aussi par le temps et les litres d’eau qui se déversaient ici. Puis nous débouchons sur le mirador du canyon, nous offrant une vue magnifique sur tout le canyon, sa profondeur (365m !), les rapaces volant au-dessus de nous, majestueux ! Certains descendent au fond, nous on ne tentera pas l’expérience ; 700 marches aller-retour, ça pique un peu ! Mais on est pas perdant pour autant, au lieu de rentrer directement, on prolonge la balade en longeant le canyon et en rejoignant un autre sentier, très beau lui aussi, nous permettant d’admirer d’en bas, la vue que nous avons eu la veille en montant à la « Ciudad de Itas ». Décidément, ces paysages n’ont rien du commun et ne cessent de nous éblouir !

Nous rentrons tranquillement au village de Torotoro après 4 bonnes heures de marche, content de rentrer se reposer et déjeuner un morceau.

Nous remontons les rues du village quand tout d’un coup, le guide nous dit « Hay una chica… » (Il y a une fille…) … On se retourne et qui on voit ?? Diane, note pote de Cusco qui court vers nous en levant les bras en l’air !!! Vincent est resté garder leurs sacs au café auquel ils s’étaient arrêtés… Quelle surprise de les trouver là ! Décidément, le monde est petit !! Après avoir fait les présentations avec Grand-Louis et Marie, nous convenons de nous retrouver dans l’après-midi à leur hôtel !

On aura passé la soirée avec eux, à se raconter les dernières brèves de nos voyages respectifs. On se sépare après le repas, nous on repart tôt le lendemain pour Cochabamba.

A  Cochabamba, on laisse nos sacs et valises à la compagnie de bus qui doit nous emmener à Sucre, et on visite un peu la ville et son « cristo blanco » à la tombée de la nuit, après y être monté en téléphérique. Il est plus haut que celui de Rio !!

Allez zou, après 3 jours de découvertes et de crapahutage dans la montagne, on rejoint la « ville blanche » pour quelques jours !


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8 commentaires sur “Sur les traces des dinosaures…

  • Jeanne Rivoalen

    Bravo Louis et Marie Hélène pour ces parcours de découvertes avec vos enfants! Vous nous epatez tous les quatre et sommes émerveillés par les reportages passionnants de Gwen et leurs photos! Bisous

  • le primate

    Si trouvez nous un beau verger, bien garnis en Colombie , on veut bien allez ramasser les pommes; sauf mardi , ou, c’est prévu Fouesnant…!!
    hé; les jeunes .!!..ménager les parents ..ne nous les ramener pas ; archis nases…..bisous continuer à nous conter vos péripéties…..

  • nath

    Que du bonheur ! …on était habitué à suivre Yann et Gwen , maintenant de voir Louis et Marie Hélène à vos côté , ça nous fait tout drôle ! Profitez bien tous les 4 Gros bisous les Billant

  • Les Mazé

    C est super cette belle virée, bien sportive!
    Vous en avez pris plein les yeux…et nous aussi!
    C est même une leçon d’histoire : bravo Gwen pour tes retours supers sympas 😉.
    Nous voyageons avec vous et prenons beaucoup de plaisir.
    Profitez bien de ces beaux moments !
    Grosses bises Plabennecoises