Chiloé 6


La taille du Chili fait que nous semblons faire des bonds énormes si vous regardez la carte…Et en effet, ici les bus vont beaucoup plus vite qu’au Pérou ou en Bolivie, et en une nuit on fait plus de 1000km ! Nous voilà donc arrivés plus au sud, à Puerto Montt d’où nous prenons un autre bus pour aller jusqu’à la isla Chiloé, au niveau de la région des lacs.

On en avait souvent entendu parler, évoquée comme la « Bretagne chilienne » ou offrant des airs d’Irlande… Et puis faut dire, c’est la deuxième plus grande île du pays après la terre de feu… Elle est notamment connue pour ses maisons colorées et ses églises en bois classées au patrimoine mondial de l’humanité, ainsi que pour ses pingouins ! Et puis Chiloé, c’est pas seulement une île, c’est tout un archipel truffé de petites îles ! C’est donc impatient de découvrir tout ça que nous avons embarqué, le bus et nous dedans, sur le bac reliant le continent à l’île. La traversée est courte et nous reprenons rapidement la route vers Ancud, ou nous avons choisi de passer nos premiers jours. On arrive avec la bruine au terminal de bus, s’armant de nos capes de pluies pour rejoindre la ville à pied. Bon, c’est tout petit, on y arrive rapidement, et on se dégotte un petit restau sympa, vue sur la mer, pour s’abriter et manger un bout.

On se trouve rapidement une petite chambre, dans nos prix, et on file se balader pour profiter d’une éclaircie ! La côte est magnifique, des îles de part et d’autres, empêchant l’horizon de nous montrer le bout de son nez. La végétation est sensiblement la même que chez nous, des ajoncs en fleur venant mettre de la couleur dans le paysage ! La pluie revenant au galop, et un peu fatigués de notre nuit de bus, nous rentrons nous mettre au chaud.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

On apprend qu’un magasin fait du déstockage dans le petit bourg, et vend des vêtements de sport ou de pluie à prix cassés. On y trouvera deux sur-pantalons de pluie pour 2000 pesos chilien chaque, soit environ 5 euros le tout…Parfait pour notre budget ça !!

Les quelques jours qui ont suivi, on a continué de se balader, se faufilant parfois entre les gouttes et agréablement surpris par le ciel bleu qui est bien plus présent que ce que l’on pensait.

On aurait voulu aller à la « Pinguinera », autrement dit une petite île sur la côte ouest, un peu au nord du parc national de Chiloé, mais étant un peu tôt dans la saison, on nous dit que, d’une, il n’y a que 2 tours dans la semaine (le prochain est dans 3 jours…) et de deux, qu’il y a encore peu de pingouins a cette période, et qu’on risque de ne pas les voir. En effet, ce sont des pingouins de Humbolt qui vivent là, et migrent dans des coins plus chaud en hiver. Ils reviennent ici, car c’est là qu’ils sont nés, et qu’ils vont pondre à leur tour. La période idéale pour les voir serait de décembre à mars… Qu’à cela ne tienne, on reviendra, et on espère qu’on pourra en voir plus au sud.

Mais Chiloé ce n’est pas que les pingouins, non, Chiloé est aussi réputée pour ses maisons colorées, ses églises en bois, classées au patrimoine mondial de l’humanité, ses « palafitos », les fameuses maisons sur pilotis, et bien sûr, ses poissons et fruits de mer. Alors on s’est dit qu’on devait voir ou goûter à tout ça !

On a donc quitté Ancud, pour Castro, la plus grande ville de l’île, mais plus centrale aussi. On s’est dit que pour rayonner ça serait plus simple. A Castro, on se trouve aussi une petite chambre chez des particuliers, très gentils, mais ou par ailleurs, le temps semble s’être arrêté dans les années 70…Moquette murale, vieux poêle en fonte, bols à fleurs et blouse à rayures, tout y est ! Peu importe, on ne fait qu’y dormir J

A Castro, on se balade au bord de l’eau, on découvre les Palafitos à la sortie de la ville, très colorés, et nous demandons comment ils font pour rester debout tant certains semblent instables. On découvre même qu’une « église-palafitos » est en cours de construction sur le même modèle que les maisons…

Castro est aussi célèbre pour son église, jaune poussin, mauve et rose…Quoi ? Qui a dit qu’une église ça n’avait pas le droit d’être coloré ? Bon, l’accord des couleurs est comment dire…Spécial à notre goût…mais il en faut pour tout le monde hein ! De l’extérieur elle est, hormis sa couleur, somme toute assez simple, recouverte d’un bardage de tôles certainement venu remplacer le bois de l’époque. Mais à l’intérieur, tout est en bois, la voute, les pilonnes, l’autel…C’est très beau ! Beaucoup plus chaleureux que nos églises froides et tout en pierres !

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Plus au nord, il y a le village de Delcahue, ou l’on décide d’aller passer une journée, se balader, voir son église toute en bois elle aussi et peut être passer sur les îles en face. Après avoir flâné dans le marché artisanal, on se fait une jolie balade le long de la mer, ayant l’impression d’être à l’aber-wrac’h… On finirait même par s’étonner que les gens ne parlent pas français !

De retour au port, on se pose pour pique-niquer après avoir acheté un ceviche de saumon, ce fameux saumon cru mariné au citron, oignons et coriandre…On adore !! Sur le banc derrière nous, un couple se pose aussi pour déjeuner…Et engage la conversation avec nous…En français. C’est comme ça qu’on a rencontré Laurence et Jacques, nos compères de Chiloé, avec qui on a bien sympathisé et qui nous ont proposé de passer le bac avec eux l’après-midi afin d’aller visiter l’île de Quinchao et ses nombreuses églises.

On se regarde, on réfléchit, puis on accepte avec grand plaisir, ravis à l’idée de pouvoir découvrir l’île en voiture. Oui, parce qu’on hésitait à y aller. Un bus aurait pu nous déposer au port d’Achao, le plus grand bourg de l’île, mais on aurait eu du mal à sillonner l’île comme on l’a fait. Laurence et Jacques ont une voiture de location, ce qui est fort pratique sur Chiloé ! On y avait pensé, mais c’est quand même un petit budget…qu’on s’est dit qu’on ne pouvait pas se permettre. Bref, mais nous voilà donc parti avec eux, papotant de tout et de rien, trop chouette !

Après avoir passé le bac, on se dirige vers le village de Curacó de Velez, ou l’on peut apprécier son église en bois…quasi verte fluo !! Toute petite et toute mignonne, elle trône sur la petite place du village, fière. L’intérieur est également tout en bois et très lumineux, des fenêtres laissant le jour passer au plafond.

On continue la route vers Achao cette fois, croisant des maisons aux façades en « écailles », construites en bois d’alerce (On a fait nos recherches, en fait il s’agit d’un bois de cyprès de patagonie…).

Achao est un petit port assez central, d’où partent les bateaux de pêcheurs mais aussi de plaisance, servant de navette aux habitants de l’île pour rejoindre leurs villages. Après avoir admiré la belle façade de son église, « Iglesia Santa Maria De Loreto De Achao », construite en 1730, on ira voir le ballet des bateaux allant et venant avec leurs passagers et leurs cargaisons. Ici encore des maisons colorées et d’autres sur pilotis bordent la plage, venant agrémenter le bord de mer et la jetée aménagée.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

On remonte en voiture et on continue de sillonner l’île à la recherche des petites églises et de coins sympas (Bah oui, les églises ici, c’est leur dada !! Mais pas désagréable et ça permet de sillonner l’île et d’arriver dans de petits coins sympa !). On passe par des points de vue superbes sur toute la baie d’où l’on peut même apercevoir la chaine des volcans plus loin sur le continent ! On découvre dans les petits villages de Quinchao et Chequian des églises d’époques, elles aussi déclarées monument national et classées au patrimoine mondial de l’humanité. L’eau n’est jamais loin et donne une atmosphère particulière à ces petites églises. Autour de la seconde, des moutons paissent, tranquillement, donnant un air ouessantin à cette ile pourtant si éloignée de chez nous !

Puis c’est déjà l’heure du retour, nous repassons le bac en sens inverse avant de rentrer sur Castro, raccompagnés par Laurence et Jacques. On a passé une tellement chouette après-midi qu’on décide de la terminer autour d’une bonne bière pour les remercier, dans le bar de leur hôtel, qui n’est autre qu’un des palafitos de la baie. Super chouette cadre et bon moment !!! Au moment de se séparer Laurence et Jacques, qui se rendent le lendemain dans la partie ouest de l’île, nous proposent de se joindre à eux pour la journée.

Trop chouette, on accepte de bon cœur !

Ainsi, pique-nique en poche et après avoir acheté nos places de ferry qu’on prendra pour rejoindre Puerto Cisnes, on part vers l’ouest découvrir un peu plus cette île aux airs de chez nous. On fait d’abord un premier arrêt dans le village de Chonchi pour admirer sa jolie petite église (Oui, oui, encore !). On en profite pour faire un tour dans une petite boutique artisanale ou la petite dame nous fait goûter la « licor de oro », une liqueur typiquement de Chonchi, à base de miel, de vanille, et de petit-lait. On y a juste trempé les lèvres, mais ma foi, c’était oas mal ! On descend ensuite jusqu’au petit musée ethnographique, retraçant la vie des chilottes, confrontés à la rudesse de la mer, du climat et des tremblements de terre. Une reconstitution des pièces d’une maison d’époque nous permet d’apprécier la manière dont ils vivaient, ainsi qu’une expo de photos et divers objets du quotidien.

En fin de matinée, nous voilà reparti, vers le parc national de Chiloé, et la « punta Pirulil » avec sa passerelle. On décide de commencer par la passerelle, plus au sud, ou le temps nous semble plus clément. On passe par une piste de terre pour atteindre quelques km plus loin un parking d’où l’on part à pied. De là, un sentier de 2,5km dans lequel on patauge un peu, boue oblige, nous mène jusqu’à un très beau point de vue, ou effectivement une passerelle est installée. Une légende raconte qu’à l’époque, lorsqu’un décès avait lieu dans ce coin de l’île, les proches apportaient l’âme de leur défunt sur la passerelle, afin que le passeur d’âmes l’emporte jusqu’à la mer et jusqu’au ciel… En espagnol on dit d’ailleurs « la muelle del alma ». Très belle balade et point de vue magnifique, baigné par la lumière du soleil, on adore !

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

On rebrousse chemin pour rejoindre la voiture et filer vers l’entrée du parc national ou l’on espère se faire une petite rando. Oui mais voilà, alors que la voiture avance, avance, avance, sans voir aucune indication concernant le parc, nous échouons à l’entrée d’une plage…Ou la route semble continuer si l’on en croit les traces de pneu que l’on observe, mais la nôtre, de voiture, ne pourra pas passer. Un 4X4 aurait été plus pratique…Tant pis, on décide de pique-niquer là tant qu’il ne pleut pas et on s’interroge sur le pourquoi du comment. On ne comprend pas comment on a pu louper le parc, alors qu’il est inscrit en grand sur toutes les cartes qu’on a, et que notre guide du routard nous dit clairement que l’entrée est par là… A moins qu’il ne faille passer la plage à tout prix… Bref, c’est pas grave, on profite de ce qu’on a sur l’instant, c’est-à-dire une plage de sable, des collines, des vaches et une vue somme toute plutôt agréable ! On prend notre temps et on rebrousse chemin vers Castro, tant pis pour le parc, même si on le trouvait maintenant, il serait un peu tard pour se lancer dans une rando. Comme la veille, on termine la journée autour d’un verre, dans un café cette fois, ou l’on troque la bière contre un bon thé et une part de gâteau !!

Plus tard, à Castro, on aura visité également le petit musée d’histoire, un peu brique à braque, mais présentant divers objets et photos d’époque, dont la traditionnelle « Minga », déménagement typique ou les chilottes ne s’embêtaient pas à faire des cartons et à laisser leurs maisons, non non, ils changeaint juste d’entroit…à leur maison ! Aidé par les voisins, les bœufs les plus forts et la force de leurs bras, c’est la maison toute entière qu’ils déplaçaient ! On a également découvert qu’à une époque, les voiles des bateaux de Chiloé étaient tissées…en laine…Pourquoi pas… Bref, tout plein de petites histoires sympa et intéressantes sur l’île, les us et les coutumes.

Enfin, nous quittons l’île de Chiloé à Quellon, en direction du sud, d’où nous partons en ferry avec la Naviera Austral, pour 20h de traversée jusqu’à Puerto Cisnes.

 


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6 commentaires sur “Chiloé

  • Jeanne Rivoalen

    C’est super de rencontrer des Français en pays étranger et de partager avec eux ces bons moments de decouverte du Chili et de pouvoir parler le français! Vos reportages sont toujours aussi passionnants.Bisous

  • le pirate

    Dans le Jura , il y a beaucoup de façades ou de toitures ,couvertes de planchettes bois; cela s’appelle des tavaillons, en épicéa bien souvent .

    fabriqués et posés par des tavaillonneurs …..partout dans le monde on retrouve , un mélange de style , et de coutumes…..

    bisous aux baroudeurs

  • Les Mazé

    Coucou.
    Beau reportage : je confirme la beauté de Chiloe et l’impression de se retrouver dans des p’tits coins de Bretagne ( j’y ai passé une quinzaine de jours en 2000 dans le cadre d’ un voyage en lien avec mon boulot …)
    C’est super de vous lire: félicitations pour vos écrits qui sont supers intéressants 🖒
    Grosses bises de nous deux
    Claudie et Daniel