Et pof, un gros glaçon dans l’eau !! 6


Pour aller voir le Périt Moreno, il faut passer en Argentine… Comme ça, ça parait simple, on a déjà passé pas mal de frontières, on devrait y arriver sans problème… Oui mais ça, c’est la théorie… Bon, pas que ça ait été particulièrement galère, mais juste un peu plus long que ce qu’on pensait et avec quelques imprévus.

Allez on vous raconte : Nous voilà parti de Puerto Cisnes, en direction de Coyhaique, la grande ville « à côté » ( à 4h de route en fait…). On compte y passer une nuit et prendre un bus le lendemain pour Chile Chico, ville frontière un peu plus au sud. Jusque-là, tout va bien, mais en fait, on aura galéré 3 jours pour se rendre jusqu’à El Calafate, confrontés à des « ah mais non, le bus est déjà parti, le prochain est dans 4 jours… » « Non non, il n’y a pas de ligne régulière à cette saison, seulement à partir de novembre/décembre… » « si, mais vous pouvez prendre un petit bus, pour vous rendre à une heure d’ici, puis en prendre un autre, et ensuite un bateau, puis un autre bus pour passer la frontière… ».

               

Bon, vous l’aurez compris, on voyage toujours comme en Bolivie ou au Pérou et on anticipe rien…Sauf qu’ici, ben, ça ne marche pas aussi bien que là-bas… D’autant que c’est pas encore la saison touristique…

Bref, on a donc passé la frontière entre Chile Chico et Los Antiguos à pied, sentiment d’avancer dans un nouveau pays tel des conquérants !! Oui, bon, enfin presque… Sur ce passage frontière, on a rencontré Grace, une américaine qui voyage seule pour un mois, après avoir passé 5 mois un peu plus au nord de Santiago dans le cadre de sa thèse.

On arrive alors à Los Antiguos ou l’on pense prendre un bus dans la soirée pour El Calafate. Après nos contretemps des derniers jours, on a arrêté de se fier à notre routard ou aux oui-dires, on est allé voir sur le site internet d’une compagnie de bus pour voir s’il y en avait. On a donc VU qu’un bus passait ce soir-là.

Evidemment, vous l’aurez compris, pas de bus…

On se sera quand même débrouillés pour arriver, en prenant un autre qui allait jusque Rio Gallegos, en passant par la côte atlantique…et pour pas moins de 17h de route (au lieu de 8 annoncées) et une grosse poignée de pesos argentins…Cherchez l’erreur !

Bon, bref, nous voilà donc à El Calafate, ou on espère bien apercevoir le gigantisme Perito Moreno !

Là-bas, on séjourne à l’hostal « Penguin », chouette hostal, mais en dortoir de 8 parce que toute le reste est hors de prix… Cela dit, ça nous permet de rencontrer Sylvain et Jessica, deux français parti comme nous sur plusieurs mois et qui commencent leur voyage, très sympa !

Eux, ils sont allés voir le Périto Moreno la veille et ont trouvé ça magnifique ! Ils nous racontent un peu… Nous rendant de plus en plus impatients de le découvrir !

Seul hic, le prix ! L’inflation en Argentine est énorme ! Depuis janvier 2017, le prix d’entrée sur le site a doublé !! Oui, oui, doublé ! Ça coûtait déjà cher, mais alors là… Bon, allez c’est pas grave, on a tellement envie de le voir qu’on va fermer les yeux…Mais entre le bus, l’auberge et les visite…on se dit que l’Argentine nous coûte bougrement cher !!

Nous voilà donc parti de bon matin, prendre notre bus pour nous rendre devant le majestueux glacier !!

On y arrive après une heure et demi de paysages magnifiques !

Notre descente en Argentine nous a permis de découvrir les steppes arides, vides de vie humaine, des kilomètres et des kilomètres de « rien », de la steppe à perte de vue, pas ou peu de relief, des troupeaux de moutons, quelques guanacos (même famille que les lamas, vigognes ou alpagas) et des oiseaux à becs longs (les Ibis à face noire). Hormis ces quelques témoins de la vie ici, la vie en Patagonie argentine semble se résumer aux quelques villes par lesquelles on est passées, mais séparées de plusieurs centaines de kilomètres de « presque rien ». Drôle d’impression…

Eh bien, ici, côté « région des glaciers », les sommets enneigés et lagunes colorées ont remplacé les plaines arides, pour notre plus grand plaisir !

On aperçoit du bus le glacier, enfin on le devine… Il nous parait déjà énorme et imposant, magnifique !

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

On a environ 4h sur place avant que le bus ne reparte vers El Calafate. Le site est aménagé, avec des passerelles pour longer la rive et surplomber le glacier. Tout est beau autour ! Les montagnes enneigées, le lago Argentino dans lequel se jette le glacier, tout !

On a de la chance, le soleil fait quelques apparitions, faisant varier les couleurs du glacier.  Il faut savoir que le Périt Moreno est un des seuls au monde qui continue d’avancer !

On évolue le long des passerelles, tendant l’oreille pour entendre les craquements, les grincements.

On s’approche du mastodonte, blanc immaculé et même bleu par endroits, effet de l’oxygène . Il est immense, il mesure 5km de large et entre 40 et 70m de haut ! Les photos ne rendent pas vraiment la hauteur, mais c’était magique !

Régulièrement on entend des grondements sourds, signe que la glace bouge ou que des morceaux se détachent. Quelques fois on est plus chanceux, et, en plus d’entendre, on voit les blocs de glace se détacher du glacier, émettre un boucan pas croyable et venir se fracasser dans le lac créant une multitude de petits icebergs.

Autant vous dire qu’on est comme des enfants, émerveillés par tant de beauté, par la grandeur du glacier et ravis d’avoir devant les yeux ce glacier, bastion résistant en ces temps de réchauffement climatique, qui refuse de reculer ! Respect !

Nous profitons de la balade, nous pic-niquons à l’affut du moindre bout de glace se détachant, le tout en savourant nos sandwichs au Paté Henaff !! C’est ça le bonheur !!

Sur le trajet du retour, on regarde nos photos, se disant qu’on en a encore pris beaucoup trop, tentant d’immortaliser ce moment magique !

On rentre à l’auberge tranquillement, et préparons nos affaires pour repartir vers le chili et préparer notre prochain trek !!

Notre escapade en argentine n’aura duré que quelques jours, mais nous savons déjà que nous y reviendrons, tant le pays semble extraordinaire par ses paysages, sa culture et ses habitants !

 


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6 commentaires sur “Et pof, un gros glaçon dans l’eau !!