Torres del paine 3


Après quelques heures dans un énième bus, et après être rentrés de nouveau au Chili (Yeah, un tampon de plus a mon actif !!), nous voilà arrivés à Puerto Natales, joli petit port niché au milieu des montagnes. La mer est tellement calme et tellement loin de l’agitation du pacifique qu’on croirait voir un lac.

On trouve une chouette auberge, « Lili patagonico’s » ou tout nous convient, la gentillesse de nos hôtes, la grande cuisine, le maxi petit dèj du matin, bref, c’est parfait !

Rapidement on se renseigne pour aller randonner dans le fameux parc national « Torres Del Paine ».

Vu le temps, on hésite à faire le circuit du W, circuit très réputé, sur 4 jours. En effet, arrivés si bas en Patagonie, le climat est très instable, pire qu’en Bretagne (Quoi ?? Qui a dit que le temps était mauvais en Bretagne !!) et disons qu’il pleut très souvent et pas qu’un petit crachin ! On sait aussi que bien que le parc ne soit pas en altitude, on va devoir faire face au froid lié à la latitude… Eh oui, on est plus si loin de l’antarctique !!

Finalement, on se décide pour un compromis, trois jours et deux nuits. On prévoit donc nos affaires et la nourriture pour les trois jours et on part réserver notre bus pour partir le lendemain. Et là, paf, on tombe nez à nez avec Sylvain, qu’on a rencontré à El Calafate quelques jours auparavant ! Trop chouette, on prévoit de se retrouver le soir pour boire un verre, et pas des moindres, une « cerveza Austral » ! Sylvain nous dit qu’il compte faire le W, et partir le surlendemain. Si tout va bien, on pourrait donc se croiser au cours du trek !

Le lendemain, on se réveille assez tôt, on a notre bus à 7h30 ! Faut pas chômer ! Un ciel gris et lourd s’offre à nous, hum…On verra bien arrivés là bas !

On y arrive après deux heures de route. On descend payer notre entrée au parc (Ah oui, on ne l’a pas précisé, mais c’est hyper cher !! Tout ca pour se promener dans la nature, qui selon nous devrait être à tout le monde…faut vraiment le vouloir !)

Bref, on l’avait prévu dans le budget, donc ça va, mais faut le savoir ! Donc on arrive, on s’enregistre au bureau des gardes, petite vidéo pour nous sensibiliser au respect de la faune et de la flore, et aux difficultés que peut engendrer le climat ! En effet, ici, il peut venter, neiger, faire beau, chaud, froid, pleuvoir, grêler…tout ça dans la même journée, peu importe la saison ! On est prévenu !!

On remonte ensuite dans le bus qui doit nous déposer dans la partie ouest du parc, pour prendre un bateau et rejoindre le début de notre trek, au niveau du refuge « Paine Grande ». A peine remontés dans le bus, qu’une grosse (nan, mais grosse, grosse grosse enfaite !) averse (enfin, ça aura duré une bonne heure et demi…) s’abat sur nous ! On se regarde tous dans le bus… on ne sait pas trop ce qu’il faut faire, rire, pleurer, demander à faire demi-tour…

On arrive près de l’embarcadère ou une petite cafète avec des poêles nous attendent pour nous réchauffer… On regarde la pluie tomber, un peu désespérés, en échafaudant des plans pour rentrer si jamais il fait mauvais pendant les trois jours ! Il parait que c’est un trek magnifique, on veut bien le croire, mais on n’est pas prêt à faire trois jours sous la pluie, dans le froid… On n’est pas fous non plus !!

Allez, on embarque pour une demi-heure de traversée, subjugués quand même par la couleur de l’eau, qui reste bleue turquoise malgré le ciel bien gris (Qu’est ce que ça doit être par beau temps ?? On aurait bien aimé voir ça !).

Quand on arrive au refuge, le ciel s’est un peu dégagé, ça nous rassure un peu… On ne dort pas au refuge nous, mais au camping qu’on avait réservé quelques jours avant, et on négocie pour planter la tente direct avant d’aller marcher. Au moins comme ça, on allège nos sacs, et on est sur qu’il ne pleut pas pendant qu’on la monte ! On y fourre le gros de nos affaires, on pose des cadenas, et hop, c’est parti !

On n’a plus qu’un seul sac bien allégé, c’est plus chouette pour randonner ! Surtout qu’on voit bien qu’on va avoir besoin de nos ponchos, les nuages reviennent drôlement vite ! Evidemment ça ne loupe pas, quelques minutes après notre départ, la pluie fait son apparition ! On se couvre et on continue d’avancer. On se dirige vers le glacier Grey, qui ne fait pas moins de 6km de large pour 30m de haut. Il recule régulièrement, sa a taille varie donc, mais elle avoisine les 270km2 quand même… Donc on avance doucement, luttant contre le vent qui s’engouffre entre les reliefs, et la pluie qui nous fouette le visage… On traverse des forêts de bois morts, ambiance lugubre… puis la verdure revient, ainsi que la vue sur le lac Grey. Alors que la pluie s’est arrêtée, on décide de se poser pour manger notre pique-nique. On s’arrête sur un joli point de vue sur le lac, nous permettant de voir des « petits » iceberg (Ils doivent être beaucoup plus grands de près !) qui flottent sur le lac. Leur couleur est impressionnante et ressort particulièrement sur le lac gris.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Bon, joli point de vue, mais faut dire, le temps reste bien bouché !! On continue d’avancer, mais on râle un peu « fait froid, j’suis mouillée, … ».

On finit par arriver au premier mirador sur le glacier Grey ! Même de loin il est impressionnant ! Et pourtant il ya quelques jours on était au Périto Moreno ! Par contre on se contentera de cette vue, le vent nous empêche d’aller plus loin…Ca souffle comme jamais on n’a vu ça ! Même en pleine tempête au Conquet ça souffle moins ! La pluie se transforme en neige ou grêle par moments… Franchement, même si c’est beau, on n’a pas envie de continuer sous ces conditions ! On espère d’ailleurs que le lendemain il fera meilleur, sinon, on fait demi-tour ! On est venu pour apprécier, pas pour en ch..r !

On prend le chemin du retour, on n’aura pas marché beaucoup, mais tant pis, on va aller se mettre au chaud !

Pour les campeurs, un accès à une salle est possible, avec tables, bancs, eau, et porte-manteaux pour faire sécher nos affaires. On se change et on se fait chauffer un bon thé, avant de faire nos fameuses pâtes chinoises de trek (On ne change pas les bonnes habitudes, hein !), et on va rapidement se glisser dans nos sacs de couchage pour bouquiner. Ça caille tellement que même à 20 dans la salle, on n’arrivait pas à réchauffer la pièce ! Finalement on est mieux sous la tente !!

Le lendemain, réveil vers 7h30. Il fait bien froid mais le temps est sec. On en profite pour remballer la tente rapidement avant d’aller préparer notre petit dèj ! On a les doigts gelés rien qu’à replier nos matelas et la tente !! Le café est bienvenu une fois qu’on a fini tout ça !

Départ vers 9h, après avoir laissé un sac en consigne, afin de s’alléger comme la veille. Les conditions de trek ne sont clairement pas les mêmes que sur certains parcours qu’on a pu faire, mais c’est pas pour nous déplaire !

Le soleil est de la partie aujourd’hui, pourvu que ça dure !! On commence par longer le lac Pehoé par lequel on est arrivé la veille avant de bifurquer en direction du campement italiano. On passe également dans des forets d’arbres morts, les mêmes que la veille et on apprendra qu’il s’agit d’arbres ayant brulés lors de l’incendie de décembre 2011. Une ambiance mystérieuse se dégage de l’endroit, d’autant que de violents coups de vents viennent parfois nous secouer un peu. Parfois quelques gouttes viennent nous narguer, mais rien de bien méchant. Nous passons une rivière juste avant d’arriver au campement, la vue est magnifique !

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

On continue la route, ce n’est pas là que l’on dort ce soir ! Ca commence à grimper, on entre dans la « valle del frances » ou l’on peut admirer le glacier du même nom. On en profite pour pique-niquer là, sous quelques mini flocons de neiges qui sortent d’on ne sait où, puisqu’il fait relativement beau au-dessus de nous !

Après cette petite pause, on continue de grimper un peu pour aller jusqu’au mirador d’où l’on a une vue magnifique sur le parc, sur les lagunes bleues turquoises, c’est top !!

On n’ira pas beaucoup plus loin, il est déjà temps pour nous de faire demi-tour, on doit retourner à l’embarcadère du bateau pour retourner de l’autre côté du parc et prendre une navette jusqu’au camping « Torres ». On repasse par les mêmes paysages qu’à l’aller, mais avec un autre point de vue, on apprécie tout autant !! En plus, nickel, on a le temps de se faire chauffer un thé avant de prendre le bateau…petit bonheur !!

C’est donc en début de soirée, vers 20h30 qu’on arrive au prochain camping, ou l’on retrouve Sylvain ! Il a fait aujourd’hui la rando qu’on va faire demain. Il nous dit juste que c’est canon, mais nous laisse découvrir par nous même le lendemain. La soirée se passe super bien, jusqu’à ce qu’on soit chassés de notre table sous l’arbre par la pluie qui se fait trop insistante.

Réveille tranquille le lendemain, au doux son des quelques oiseaux. Le temps est bien dégagé et on apprécie le paysage qu’on n’avait pas pu voir hier. C’est magnifique ! Les sommets enneigés sur des tons de vert qui varient selon l’altitude, l’exposition au vent, et la luminosité du soleil ! On déjeune avec Sylvain et une fois les tentes repliées, on fait un bout de chemin ensemble avant de se séparer. Nous montons aux « torres », tandis que Sylvain rejoint le campement italiano. Finalement, il fera ce jour là la partie que nous avons squeezée dans le trek du W.

Il nous avait dit que ça grimpait dur, eh bien on n’a pas été déçus !! Le chemin est gelé par endroits mais non, on transpire à grosses gouttes !  Par contre, comme ça monte, on profite quand même d’une vue imprenable sur les montagnes environnantes, c’est génial ! Ca monte et ça descend, les mollets vont prendre cher aujourd’hui !! Mais les yeux aussi ! Il a plu en bas cette nuit, mais il a donc neigé ici, un peu plus haut… Il reste de la neige a certains endroits, sur les feuilles des arbres, sur les rambardes des ponts, dans l’herbe près de la rivière…Ambiance bucolique ! On longe la rivière un moment avant de bifurquer et de passer dans la forêt. Plus on grimpe plus faut faire attention, non seulement le terrain est bien boueux, mais en plus il faut éviter les boules de neige des lutins de la forêt…Enfin, à moins que ça ne soit juste la neige qui tombe des cimes des arbres ?? Je crois que je préfère la première version !

La dernière partie est la plus difficile, ça monte à pic, il faut escalader des rochers, passer dans le lit de la rivière… On est essoufflés mais contents d’arriver en haut, et surtout…Quel spectacle ! Les trois tours qui se dressent devant nous, à peine voilées par quelques nuages, et la superbe lagune vert-d’eau à leurs pieds ! On reste là une bonne heure, a profiter du paysage, à manger un bout, et a reprendre notre souffle ! Faut dire on vient quand même de faire 800m de dénivelé positif !! La vue est magnifique, à la fois face à nous mais tout autour également ! Et on a même la chance de voir un condor passer au dessus de nous, un des plus proches que l’on ai vu depuis le début du voyage !

Puis on redescend, et là, comme la veille, bien que l’on repasse par les mêmes chemins, notre point de vue est inversé et nous permet de découvrir à juste titre, l’envers du décors ! On a vraiment eu de la chance sur cette journée ! Le temps est tellement instable ici. D’ailleurs on se dit qu’on a eu de la chance tout court ! Même si le premier jour était un peu décourageant, c’était chouette de voir le glacier, et franchement, les deux autres jours auront été superbes, ce qui n’était pas gagné pour la saison ! Et puis on a eu le sentiment d’avoir un plaisir crescendo, avec une magnifique journée le dernier jour.

 

C’est donc crevé mais super contents que l’on rentre sur Puerto Natales, ou une bonne douche et un bon lit nous attendent.

 

Le lendemain, on reprend le bus pour Punta Arenas, ville la plus austral de notre voyage…Drôle de sentiment…


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3 commentaires sur “Torres del paine

  • Jeanne Rivoalen

    Ben ! Il fait encore meilleur à Plab ! Mais les paysages sont moins grandioses !Notre lac est minus et dans un cadre moins bucolique! Enfin on ne peut pas tout avoir! C’est bien agréable d’admirer ces paysages bien au chaud dans notre fauteuil !